|
Getting your Trinity Audio player ready... |
Ouagadougou : L’avenue Kwame N’Krumah s’illumine pour la 2e édition de la « Rue des Étoiles »
Devenue le symbole de la résilience et de la fierté culturelle burkinabè, l’avenue Kwame N’Krumah de Ouagadougou a accueilli, en ce début d’année 2026, la deuxième édition de la « Rue des Étoiles ». Cet événement mémoriel et culturel vient enrichir le patrimoine national avec l’installation de 100 nouvelles stèles, dont une distinction exceptionnelle pour le Chef de l’État.

Par une cérémonie solennelle, le Comité scientifique de la « Rue des Étoiles » a officiellement dévoilé les nouveaux visages qui orneront désormais l’une des artères les plus célèbres de la capitale. Si la première édition avait jeté les bases de ce Panthéon à ciel ouvert, cette cuvée 2026 marque un tournant par la diversité et la portée symbolique des personnalités honorées.
Une « Étoile Spéciale » pour le Capitaine Ibrahim Traoré
Le clou de cette édition est sans conteste l’attribution d’une étoile spéciale au Président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré. Selon le Dr Dramane Konaté, président du comité scientifique, cette distinction vient saluer son leadership « engagé » et ses actions concrètes en faveur du panafricanisme.
Le comité a notamment souligné des décisions historiques, telles que la suspension des visas pour les peuples africains et les membres de la diaspora, facilitant ainsi le retour aux sources des afro-descendants. Cette étoile symbolise, selon les organisateurs, la reconnaissance du peuple pour la réhabilitation de l’Institut des Peuples Noirs (IPN), dont le concept de « Farafina » (l’Afrique ou le monde noir en langue dioula) est au cœur de la fierté nationale burkinabè.
100 nouvelles figures de proue
Au-delà de la distinction présidentielle, ce sont 100 nouvelles stèles qui ont été installées. Elles célèbrent des hommes et des femmes issus de divers horizons ayant marqué l’histoire du Burkina Faso et du continent par leur engagement :
- Défense et Sécurité : Dix membres des Forces de Défense et de Sécurité (FDS) et des VDP ont été immortalisés, parmi lesquels le célèbre Babassi, en hommage à leur sacrifice pour la patrie.
- Arts et Culture : C’est le secteur le plus représenté avec plus d’une trentaine de noms. On y retrouve des icônes comme Amity Meria, Roger Wango, Smarty, Zoug-Nazagmda, François 1er ou encore le styliste Bazem’Se.
- Science et Éducation : Des éminents professeurs tels que Tinto Halidou, Serge Théophile Balima ou Joseph Paré ont reçu leur étoile, soulignant l’importance du savoir dans la construction de la nation.
- Chefferie traditionnelle : Douze distinctions ont été attribuées aux chefs coutumiers et traditionnels, gardiens des valeurs ancestrales.
Un pont entre le passé et le futur
En plaçant ces nouvelles étoiles aux côtés de figures historiques mondiales telles que Nelson Mandela, Patrice Lumumba, Malcolm X ou Marcus Garvey, Ouagadougou réaffirme sa position de capitale du panafricanisme.
L’avenue Kwame N’Krumah, autrefois marquée par des moments sombres de l’histoire sécuritaire du pays, achève ainsi sa mue. Elle ne se contente plus d’être un centre d’affaires ; elle devient un livre d’histoire ouvert, un lieu de pèlerinage pour la jeunesse burkinabè en quête de modèles.
Comme l’a rappelé le Dr Parfait Ilboudo, rapporteur du comité, la Rue des Étoiles est désormais un « sanctuaire de la mémoire collective » où chaque passant peut s’imprégner du parcours de ceux qui ont fait l’Afrique d’hier et qui bâtissent celle de demain.
