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BRVM : Comment la Bourse de l’Afrique de l’Ouest peut faire travailler votre argent
Une grande majorité de personnes gagnent leur revenu en échangeant leur temps contre un salaire. Mais une minorité a compris comment déconnecter le revenu du travail : faire travailler l’argent à leur place. Après avoir étudié l’immobilier et l’agro-industrie comme piliers de création de patrimoine, il est temps d’aborder un levier encore trop méconnu en Afrique de l’Ouest : la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM).
Cette bourse, commune aux pays de l’UEMOA dont le Burkina Faso, le Sénégal et la Côte d’Ivoire, permet d’investir directement dans les grandes entreprises de la région. Il est possible d’y accéder dès 10 000 francs CFA, ce qui en fait un outil accessible et puissant pour bâtir un patrimoine.

L’épargne ne protège plus du coût de la vie
En Afrique, beaucoup de ménages épargnent avec rigueur. L’argent est conservé au domicile ou placé sur un compte épargne qui rapporte en général entre 2 % et 3 % par an. Cette méthode donne une illusion de sécurité.
Pendant ce temps, le prix des produits de base augmente de 5 % à 10 % chaque année dans de nombreux pays. Conséquence : l’argent mis de côté perd de la valeur. Une épargne rémunérée à 3 % dans un environnement où la vie devient 8 % plus chère signifie une perte réelle de 5 % de pouvoir d’achat chaque année.
Investir est donc nécessaire pour éviter l’appauvrissement silencieux lié à l’inflation.
Une bourse de rendement, différente des marchés occidentaux
Contrairement à Wall Street, dominée par des entreprises technologiques qui versent peu de dividendes, la BRVM regroupe principalement des entreprises solides, matures et indispensables : banques, télécommunications, eau, électricité, infrastructures.
Elles redistribuent chaque année une part importante de leurs bénéfices à leurs actionnaires. Les rendements moyens sont nettement supérieurs à ceux enregistrés en Europe ou aux États-Unis. Certaines sociétés ont même versé des dividendes dont le rendement dépassait 12 % certaines années.
Avec 1 000 000 francs CFA investis, il est possible de percevoir jusqu’à 120 000 francs CFA de revenus annuels sans travail supplémentaire.
La BRVM se distingue ainsi comme une bourse centrée sur le rendement, et non sur la spéculation.
Intérêts composés : la formule mathématique des investisseurs avisés
La puissance de la Bourse ne réside pas uniquement dans le versement régulier des dividendes, mais surtout dans leur réinvestissement. Ce mécanisme, appelé intérêts composés, permet au capital d’augmenter de manière exponentielle au fil du temps.
Deux investisseurs peuvent placer la même somme : celui qui consomme ses dividendes maintient son capital inchangé ; celui qui les réinvestit voit son patrimoine croître d’année en année, sans nouvel apport. Sur dix à quinze ans, la différence devient spectaculaire. C’est la logique même de l’enrichissement progressif.
Une stratégie simple pour maîtriser les risques
La Bourse n’est pas un jeu de hasard. Il existe des règles qui réduisent fortement le risque.
Premièrement, privilégier les entreprises qui détiennent un monopole ou un quasi-monopole. Une population ne peut pas se passer d’électricité, de télécommunications, d’eau ou de services bancaires, même en temps de crise. Ce sont des activités protégées.
Deuxièmement, investir régulièrement, chaque mois ou chaque trimestre, peu importe le niveau du marché. Cette méthode permet de lisser le coût d’achat dans le temps et d’éviter les décisions basées sur la peur ou l’euphorie.
C’est une discipline qui transforme l’investisseur en bâtisseur de patrimoine, méthodique et résistant aux fluctuations du marché.
Comment investir concrètement à la BRVM
Pour acheter des actions à la BRVM, il faut passer par une Société de Gestion et d’Intermédiation, appelée SGI. La majorité propose désormais des applications mobiles simples d’utilisation. Après la création d’un compte, l’envoi des documents nécessaires et un dépôt bancaire ou mobile money, l’investisseur peut acheter des actions de son choix.
Les dividendes, lorsqu’ils sont distribués, sont versés directement sur le compte associé. Il est ainsi possible de percevoir ses revenus même en résidant à l’étranger.
Les secteurs les plus dynamiques
Les entreprises les plus attractives se situent généralement dans les télécommunications, la finance et les services publics. Ces secteurs, essentiels au fonctionnement quotidien des ménages et des entreprises, offrent une forme de stabilité économique appréciée par les investisseurs.
Un marché prometteur malgré les défis
La BRVM évolue au cœur d’une économie en pleine transformation. Comme tous les marchés financiers, elle reste sensible aux risques politiques, réglementaires et macroéconomiques. Mais son développement constant et l’intérêt croissant de la diaspora confirment son rôle stratégique dans la construction du patrimoine africain.
La Bourse réduit les inégalités
Investir à la BRVM permet à chacun, quels que soient ses revenus et son origine, d’accéder à la richesse produite par les grandes entreprises africaines. C’est un instrument efficace pour lutter contre l’érosion du pouvoir d’achat et pour construire un patrimoine intergénérationnel.
Toutefois, investir n’est que la première étape. Une fois le capital constitué, il faut savoir le protéger juridiquement et fiscalement. Ces questions feront l’objet du prochain épisode de notre série sur l’investissement en Afrique.
Sources
BRVM : Statistiques de marchés, indices et capitalisation.
BRVM : Rapports de société et données historiques de dividendes.
Agence Ecofin : Analyses sur la rentabilité des sociétés cotées dans l’UEMOA.
Vous pouvez regarder notre vidéo sur le sujet en cliquant ici

