|
Getting your Trinity Audio player ready... |
Ce que personne ne vous dit avant de vous lancer (épisode final)
Investir en Afrique fait rêver.
Rendements élevés, potentiel immense, impact réel.
Mais derrière les promesses, une réalité plus dure s’impose : la majorité des projets échouent.
Non pas par manque d’opportunités, mais par manque de préparation mentale, culturelle et stratégique.
Cet article clôt la série Investir en Afrique.
Il ne parle plus de secteurs, de chiffres ou de techniques.
Il parle de résilience, de douleur, et de survie entrepreneuriale.

L’Afrique, cimetière des illusions entrepreneuriales
L’Afrique n’est pas un cimetière de talents.
Elle est un cimetière de projets mal compris.
Chaque année, des entrepreneurs locaux et issus de la diaspora lancent des entreprises avec :
- des capitaux solides,
- des diplômes reconnus,
- des business plans bien ficelés.
Trois ans plus tard, la majorité a disparu.
Ruinés.
Épuisés.
Convaincus que « l’Afrique n’est pas prête ».
La vérité est plus inconfortable : ils n’étaient pas prêts.
Investir en Afrique n’est pas un sprint structuré.
C’est un environnement instable, mouvant, où les règles informelles comptent autant que les lois écrites.
Piège n°1 : l’arrogance de la diaspora et le complexe du sauveur
La première cause d’échec des projets portés par la diaspora n’est pas financière.
Elle est psychologique.
Arriver avec des références occidentales, des diplômes et des méthodes importées crée souvent un décalage profond avec le terrain.
Ce qui est perçu comme du désordre est en réalité :
- un système informel,
- une organisation sociale implicite,
- des équilibres locaux invisibles aux nouveaux venus.
Les conséquences sont immédiates :
- inflation ciblée des prix,
- résistance passive des partenaires,
- sabotage silencieux des équipes.
L’humilité comme stratégie de survie
La seule réponse viable est l’humilité radicale :
- observer avant d’imposer,
- écouter avant de structurer,
- comprendre avant d’optimiser.
En Afrique, l’adaptation précède la performance.
Piège n°2 : la famille et la “Black Tax”
Dans de nombreux contextes africains, la réussite individuelle entraîne une obligation collective.
Dès qu’un entrepreneur investit ou commence à générer des revenus, la pression familiale s’intensifie :
- demandes financières constantes,
- confusions entre chiffre d’affaires et argent disponible,
- culpabilisation morale.
De nombreuses entreprises échouent non pas à cause du marché, mais parce que la trésorerie est vidée pour répondre à des urgences familiales.
Une règle simple, mais vitale
Une entreprise n’est pas une caisse familiale.
- La famille doit être aidée avec le revenu personnel, jamais avec la trésorerie de l’entreprise.
- Il ne faut jamais embaucher un proche que l’on ne pourrait pas licencier.
Ce principe n’est pas un rejet des valeurs africaines.
C’est une condition de survie économique.
Piège n°3 : le facteur humain et le vol interne
Le vol interne est l’une des premières causes de faillite en Afrique.
Il touche tous les secteurs :
- agro-industrie,
- immobilier,
- commerce,
- services.
La cause principale n’est pas toujours la malveillance, mais :
- l’absence de contrôle,
- la gestion excessive en cash,
- la confusion entre confiance et laxisme.
Contrôler pour protéger
La confiance ne disparaît pas avec le contrôle.
Elle s’installe grâce à lui.
Les entreprises résilientes mettent en place :
- des inventaires réguliers,
- des systèmes de paiement digitalisés,
- des contrôles simples mais constants,
- des règles claires et appliquées.
La discipline protège autant l’entreprise que les employés honnêtes.
Piège n°4 : la vallée de la mort entrepreneuriale
Tout projet traverse une phase critique :
- enthousiasme initial,
- premières difficultés,
- solitude,
- découragement.
Cette période, appelée la vallée de la mort, est psychologiquement dévastatrice.
Les soutiens disparaissent.
Les doutes s’installent.
L’isolement devient total.
C’est là que la majorité abandonne.
Ce que traverse tout entrepreneur sérieux
La douleur n’est pas un échec.
Elle est un passage obligé.
Cette phase agit comme un filtre :
- elle élimine les projets superficiels,
- elle forge les bâtisseurs.
Traverser cette vallée est souvent ce qui sépare un entrepreneur durable d’un simple investisseur opportuniste.
Investir en Afrique : une responsabilité historique
Personne ne développera l’Afrique à la place des Africains.
- L’aide internationale répond à ses propres intérêts.
- Les investissements étrangers privilégient leur rentabilité.
La transformation durable repose sur :
- la jeunesse locale qui résiste,
- la diaspora qui possède capital, compétences et exposition internationale.
Investir en Afrique ne doit pas être seulement un calcul financier.
C’est un acte politique, économique et historique.
Commencer imparfait, mais commencer
Attendre les conditions idéales est une illusion.
Les projets solides :
- commencent petits,
- avancent dans l’incertitude,
- évoluent par ajustements successifs.
La peur n’est pas un signal d’arrêt.
C’est un indicateur de croissance.
De l’intention à l’action
Cette série Investir en Afrique a fourni :
- une vision,
- des outils,
- des cadres de réflexion.
Mais aucun contenu ne remplace l’action.
Le développement africain ne se décrète pas.
Il se construit, lentement, douloureusement, mais durablement.
Tõnd Média s’inscrit dans cette démarche : informer sans illusion, inspirer sans naïveté.
L’Afrique n’a pas besoin de sauveurs.
Elle a besoin de bâtisseurs lucides.
Vous pouvez regarder notre vidéo sur la vidéo finale en cliquant ici, ou en accédant à l’intégralité de toute la série de 7 vidéos en cliquant ici.
